LIONNES INDOMPTABLES – Yvonne Leuko: “Nous sommes prêtes”

FRANCE 2019

Entre deux séances photos et un briefing de la FIFA, Yvonne Leuko, la défenseure des Lionnes Indomptables, a pris le temps de répondre à nos questions avant l’entrée en matière du Cameroun face au Canada, ce lundi 10 juin à Montpellier.

Comment vivez-vous la veille de cette coupe du monde ?

On est un peu dans l’excitation mais ce qui l’emporte, c’est la bonne humeur. Avec les filles, on travaille dur mais on mesure la chance d’être ici en France pour représenter notre pays à une Coupe du Monde. C’est une sensation unique. Je l’ai dit aux joueuses, il faut en profiter, cela ne se reproduira peut-être pas. Mais les filles sont heureuses, nous chantons souvent. Cela ne veut pas dire qu’on est en dilettante, bien au contraire, on sait que ce qui nous attend est difficile. Même avec les binationales qui n’ont pas forcément la culture africaine, le courant passe bien. Ce qui est sympa, c’est qu’elle nous font travailler notre anglais (rires). Mais pour moi, anglophone, francophone ou binationale, si elles ont choisi le Cameroun, c’est qu’elles en avaient envie. Et ce n’est jamais facile de porter le maillot d’un pays où l’on n’est pas né. Pour moi, nous sommes un groupe.

Que vous inspire ce Mondial qui aura lieu en France ?

Pour moi, c’est assez particulier car la France est comme mon deuxième pays (elle évolue au sein de l’ASPV Strasbourg). Cela fait onze ans que je suis là. Aujourd’hui, j’ai plus d’attaches en France qu’au Cameroun. Certes, j’ai ma famille là-bas mais au niveau relationnel, amical, je connais plus de monde en France. Par exemple là, au niveau des billets, je ne sais plus à qui en donner car tout le monde en veut (rires).

Que représente une Coupe du Monde pour une joueuse ?

Pour moi, c’est la seconde consécutive et je me rends compte de la chance que j’aie. C’est le graal, l’événement le plus important pour une joueuse de football. Je pense à cette ferveur au pays. On parle quand même du Cameroun de Roger Milla et de Samuel Eto’o donc il y a une exigence qui ne dit pas son nom. Je me souviens que quand on s’est qualifié pour la Coupe du Monde, mais que l’on n’a pas ramené le trophée de championne d’Afrique, les supporters ont été déçus. Certains ont même caillassé quelques maisons des joueuses donc c’est vous dire le niveau d’enthousiasme et de fanatisme autour de la sélection.

Quelles leçons tirez-vous de votre campagne de préparation ?

On a un groupe qui vit bien ensemble. Il y a des nouvelles, des jeunes et des plus anciennes mais l’amalgame se fait bien. Le stage en Espagne a permis de souder le groupe, de faire comprendre à tout le monde que nous étions une famille.

Avez-vous un défi sur le plan personnel ?

Oui, être titulaire à mon poste et donner le meilleur de moi-même mais avant tout, je pense collectif car c’est notre force. On est ensemble depuis longtemps, on a la chance d’avoir de nouvelles filles qui apportent leurs qualités et qui font jouer la concurrence. Il faut donc à chaque fois prouver au coach que vous êtes la meilleure. Ça tire le collectif vers le haut. Mais on a quand même des individualités de qualité. On a aussi des joueuses qui évoluent quasiment toutes à l’international donc on a de l’expérience, de la maturité et je pense que l’on misera dessus.

 Comment jugez-vous votre poule ?

C’est une poule très difficile nous le savons mais je suis une compétitrice donc pour moi, il faut gagner, peu importe l’adversaire. Chaque match vaudra presque 6 points. Dès qu’on gagne, on met notre adversaire derrière nous et on regarde devant. Tous les matchs seront compliqués, le Canada est 5e mondial, les Pays-Bas sont champions d’Europe en titre et c’est certainement la meilleure équipe de la poule. Mais il y a aussi la Nouvelle-Zélande qui est dure à jouer. Je me rappelle de notre dernière confrontation aux JO 2012, c’est une équipe qui sait très bien manier le ballon et qui joue très collectif. Il y a une vrai stabilité donc c’est une équipe aguerrie à la compétition. Pour chaque match, il faudra bosser et aller au fond de soi pour ramener un résultat positif.

La fédération a fixé les quarts de finale comme objectif et vous ?

On a la conviction d’être prêtes. La dernière fois, en 2015, nous avons perdu en 8e de finale et cette fois-ci, nous avons pour mission de faire mieux qu’au Canada. Un sportif se doit d’avoir des ambitions élevées et d’être exigeant, sinon cela ne sert à rien, on n’a qu’à signer une feuille pour les 8e de finale et rentrez chez nous. Si on sort des poules, on a notre destin en main et je sens beaucoup de motivation dans le groupe.

Avez-vous le sentiment que la fédération camerounaise de football et le gouvernement ont mis à votre disposition tout ce qu’il faut pour atteindre les objectifs escomptés ? 

Oui, on peut tirer un coup de chapeau à la Fédération et au Ministère des Sports pour la préparation que nous avons eue. Nous avons fait un stage d’acclimatation en Espagne et entretemps nous avons fait beaucoup de matches internationaux, des rencontres et tournois pour mieux nous préparer que l’édition précédente. Tout s’est déroulé dans les meilleures conditions.

De notre correspondant à Montpellier
Yoann Palej

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

PosTeamPWGDPts
100411
200211
30015
40005