Lucien Mettomo (Team Manager) : « Gagner un trophée 16 après, c’est historique »


Une autre collection s’ajoute à l’escarcelle de Lucien Mettomo, pas en tant que joueur à l’image des CAN 2000 et 2002 remportées alors qu’il était en activité, mais cette fois ci en tant qu’encadreur. Discret et efficace, les actions de Lucien Mettomo en qualité de Team Manager de l’équipe nationale U17 portent leurs fruits. Si gagner passe par une bonne organisation sur le plan administratif, « Lulu » comme l’appellent affectueusement les intimes l’a bien compris, aidé par son vécu d’ex-international camerounais, une expérience qu’il a su transmettre à cette jeunesse dorée qui se présente désormais comme la relève du football camerounais. Dans sa modestie habituelle, Lucien Mettomo nous a confié ce qui a constitué la clé du succès à cette 13e édition de la CAN U17

Quel est votre sentiment à l’issue de ce sacre ?

« Envie de dire le sentiment d’un devoir accompli. C’est toujours le but ultime quand on va dans une compétition comme celle-là, donc un sentiment de satisfaction »

Vos objectifs ont-ils évolué au fil de la compétition ?

« Nos objectifs tout au long de la compétition n’ont pas évolué, nous savions qu’en passant le premier tour nous serions qualifiés pour la coupe du monde, et qu’il resterait deux matchs  et il n’était pas question de s’arrêter là. C’est vrai que beaucoup n’attendaient pas cette équipe à ce niveau, raison pour laquelle nous n’avons pas voulu dévoiler notre stratégie à travers les médias, pour éviter de mettre trop de pression sur les gamins, mais en interne c’est ce qui était fait »

Ce sacre revêt un caractère historique n’est-ce pas ?

« Gagner un trophée 16 ans après, c’est historique, surtout qu’à l’appui, il y a une qualification pour la Coupe du monde, il y a le titre de champion de la sous-région zone Uniffac, donc je pense que c’est historique ce qu’est en train de réaliser cette équipe »

C’est quoi le rôle du Team Manager que vous êtes ?

« A priori le Team Manager doit être le relais de l’administration, après il peut m’arriver d’aller au-delà, de discuter tactique avec les coachs, et aussi de certains points sur le plan médical pas parceque je suis un spécialiste, mais simplement par vécu. Après il y a aussi le rôle psychologique que je peux jouer auprès de ces gamins, leur apprendre le métier, comment se comporter dans certaines situations, c’est vraiment un job de ouf »

Vous apportez beaucoup à ces jeunes de par votre vécu n’est-ce pas ?

« Certainement, mais je pense que ce serait prétentieux de dire ce que je peux apporter. Il est souhaitable que ce soit eux qui s’expriment dessus, mais j’essaie de leur donner le vécu, les réalités du monde professionnel auquel ils aspirent »

Comment comprendre ce succès dans un contexte où le championnat jeune est inexistant ?

« Je vais vous répondre comme un responsable sénégalais qui disait que le Cameroun est un pays formidable, c’est quand il est au pied du mur qu’on connait sa vrai valeur. Certes la préparation n’a pas été facile, il y a des hommes du sport que j…

 Bidias Claude Bernard (Médecin Équipe Nationale U17) : « Ce sont des jeunes, et ils sont habitués à jouer longtemps »

Il est difficile d’évoquer le sacre des Lions U17 à la 13e édition de la CAN U17 sans évoquer les hommes de l’ombre. Parmi eux, le Docteur Bidias Claude Bernard. Dans son humour, il sait capter les pathologies qui peuvent nuire à la bonne condition physique des joueurs, élément fondamental pour répondre efficacement sur le terrain. Un travail de sape et de titan, qui aura contribué au succès de la bande à  Steve Mvoue, qui ont permis au Cameroun de caresser son deuxième sacre après celui de 2003. De quoi avoir un sentiment de satisfaction et de gratitude, comme nous l’a confié le Docteur Bidias Claude Bernard, médecin de l’équipe nationale U17

Quel est votre sentiment après le sacre ?

« Quand on est médecin et Champion d’Afrique c’est un sentiment d’abord de satisfaction parce que c’est le résultat de beaucoup de travail et de sacrifice, et c’est aussi un sentiment de gratitude envers l’éternel qui nous donne la force et la santé, et naturellement des pouvoirs publics qui mettent les moyens à notre disposition pour qu’on puisse bien accomplir notre tâche »

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face ?

« En matière de difficultés, il y en a pas de manière particulière, c’est le quotidien, ce sont des enfants qui en dehors des problèmes purement sportifs, peuvent faire des pathologies autres comme le paludisme, la grippe. On peut avoir des problèmes de digestion et il faut gérer tout cela. Maintenant, les problèmes les plus récurrents sont les traumatismes, les blessures musculaires qui varient de blessures légères à plus importantes et ça demande à ce moment à l’équipe médicale beaucoup de travail pour pouvoir ramener le joueur,  car on est en compétition et on n’a pas le droit de perdre un seul maillon, encore moins lui donner un repos, les coaches ne vous le pardonneront pas, donc on fait tout pour que les joueurs soient disponibles si ce n’est à 100%, au moins à 90% »

Des matchs de l’envergure de la CAN ne sont-ils pas un handicap pour la santé de ces jeunes ?

« Ce sont des jeunes, et ils sont habitués à jouer longtemps, on n’a pas ressenti qu’ils aient une difficulté particulière. C’est vrai qu’à la fin, à la finale, on a vu que tout le monde était fatigué, nous avons enregistré deux ou trois cas de blessures qu’on peut lier à la fatigue. Mais au fur et à mesure que ça avançait on n’a pas remarqué qu’ils soient émoussés par le rythme de la compétition, bien que le climat ait été un handicap au début. Contre la Guinée au premier match on a joué sous une canicule, là c’était pas du tout évident »

Quel est l’apport la médecine sportive dans un tel succès ?

« C’est d’abord des humains, au-delà d’être des sportifs, et de ce fait, ils sont exposés à des pathologies et chez chaque joueur il y avait un problème à gérer comme des indigestions, de paludisme, de mal de gorge, bref des maux courants, et dans ce cas, la médecine sportive doit quelque fois agir en amont pour prévenir ces pathologies et c’est un des points sur lesquels nous insistons, on veille à ce que les enfants aient des ongles coupées, qu’au niveau des ongles, qu’ils n’aient pas des pieds d’athlètes, que les chaussures qu’ils mettent soient adaptées, que quand ils prennent leur bain, que tout soit bien sec à la fin. Et aussi sur la qualité de leur nutrition, c’est tout cela le travail de suivi pour permettre aux enfants de rester toujours en forme, cela va sans dire et il est primordial que quand vous avez un joueur clé qui est indisponible c’est la catastrophe ».

Au sortir de cette CAN, quelle attitude doit adopter les enfants dans la perspective de la coupe du monde ?

« Pour moi,  c’est d’abord le repos, la récupération c’est le maître mot. C’est un des aspects sur lesquels on a beaucoup travaillé durant la compétition. Il faut qu’ils dorment bien, qu’ils évitent d’aller jouer n’importe où, s’hydrater abondamment et naturellement reprendre progressivement de service. Pour ceux qui sont blessés, c’est au moins deux mois de repos. Les autres peuvent bénéficier d’un mois de repos et reprendre progressivement le travail pour être prêt physiquement quand on va les rappeler en stage »

Votre mot de fin…

« Je vous remercie de l’opportunité que vous nous offrez de parler de la médecine sportive, vous savez que quand il y a un succès comme celui-ci, c’est tout le monde qui a mit la main à la patte et c’est important de le savoir »

Par Sylvain Kwambi

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

Rang PaysPts
1Maroc11pts
2Cameroun11pts
3Malawi5pts
4Comore5pts