CAN 2021 – Ahmad Ahmad : « Le Cameroun a offert plus qu’il n’en faut en termes d’infrastructures »

Economie de l’échange organisé entre le président de la Confédération africaine de football Ahmad Ahmad et la presse en marge de la visite de travail effectuée par une délégation de l’instance faitière du football continental au Cameroun pour arrêter les modalités liées à l’organisation Du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN)  2020 et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021.

Propos liminaires d’Ahmad Ahmad

Sur la situation météorologique ici au Cameroun, nous ne nous sommes pas simplement contentés d’écouter les responsables politiques, mais on a demandé aussi à ce que le technicien, le directeur général de la météo vienne nous expliquer réellement la situation avec des chiffres clairs, les rapports très circonstanciés parce que nous savons qu’avec la multiplication des moyens de communication aujourd’hui, ce n’est pas seulement les hommes de médias qui véhiculent  des information mais tout le monde se prend pour un journaliste et véhicule des articles de presse. C’est pour cela qu’on a essayé d’écouter tout le monde, discuter en interne. Ce n’est pas facile aussi parce que notre continent n’est pas facile. L’Afrique n’est pas comme les autres continents où tout est harmonisé, où l’été c’est l’été pour tout le monde, l’hiver c’est l’hiver pour tout le monde. Mais heureusement, lorsqu’on est constructif et si chaque partie essaie de se comprendre, on arrive toujours, pas peut-être à la meilleure décision mais à la décision idoine. Vous avez entendu notre secrétaire général adjoint qui vous a lu le communiqué, la Coupe d’Afrique des Nations Cameroun 2021 va se dérouler du 9 janvier au 6 février 2021. Nous avons eu l’assurance du Gouvernement qu’ils seront prêts et maintenant, nous avons confiance en cet engagement du Gouvernement, que tout sera prêt pour une grand fête du football africain. C’est ce que j’ai dit toujours, dans la vie, il y a des concours de circonstance mais moi, à six mois quelques jours de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, je ne savais pas que l’Egypte allait l’organiser. J’étais comme certains d’entre vous qui pensaient que ce serait soit l’Afrique du Sud, soit le Maroc. Par concours de circonstance, le pays le plus titré de la CAN a organisé la première CAN à 24. J’estime aussi que Dieu a fait que le deuxième pays le plus titré organise la deuxième CAN à 24. C’est peut-être la baraqua et que la justice règne. Un pays engagé, une grande nation de football, un Chef d’Etat que j’ai vu très engagé pour offrir au Cameroun une belle fête du football, voilà ce que j’ai vu. Le CHAN, c’est vrai, lorsque l’Ethiopie n’a pas pu l’organiser, on a dit pourquoi ne pas discuter avec les autorités politiques au Cameroun pour voir si on peut s’entrainer avec le CHAN pour qu’on puisse être sûr que s’il y a une défaillance quelque part, on la corrigera pour que la CAN se passe dans de meilleures conditions possibles.

Aujourd’hui en termes d’infrastructures, je peux vous dire que le Cameroun est prêt pour le CHAN d’abord, c’est cinq stades sur les quatre que nous demandons qui sont disponibles. J’estime selon le planning et le rapport que j’ai eu de mon administration qui est en charge des visites d’inspection et même mon vice-président a dirigé dernièrement une équipe avec des techniciens pour la visite d’inspection, on pourra être sûr que c’est sept stades sur les six demandés qui seront disponibles. Et même, ce que nous avons dit, le cahier de charge de la CAN est très simple. Deux stades de 15 000 places, deux stades de 20 000 places et deux stades de plus de 40 000 places. Le Cameroun a offert beaucoup plus que ça. Comment ne pas avoir une reconnaissance envers un Chef d’Etat qui s’engage personnellement à donner à a jeunesse, à sa population une telle infrastructure. Nous disons : chapeau ! On le remercie sincèrement, nous sommes disposés maintenant à accompagner le Cameroun pour la réalisation de ces deux événements. D’ailleurs, un comité de suivi va être mis en place pour  que tout soit balisé dès le départ. Encore une fois, je vous remercie et j’espère que nous allons coopérer parce que  rien ne peut se faire, ou alors, on peut même occulter la vérité lorsqu’on communique bien. Nous sommes là, deux équipes, le Gouvernement et la CAF pour une bonne volonté d’aller de l’avant pour offrir à la jeunesse africaine de manière générale cette belle fête du football. J’espère que vous allez nous accompagner pour l’amour de ce pays, pour l’amour de notre continent, pour que cette belle fête soit une réussite. Je peux encore vous dire mais depuis que je suis arrivé à la CAF, je deviens de plus en plus un panafricaniste très engagé parce que je sais qu’il y a certains qui ne nous aiment pas. Ça, je peux vous le garantir. Aimons notre continent, soyons fiers de notre continent, c’est ce que je vous demande.

Questions-réponses

Avez-vous choisi la période de janvier-février parce que la FIFA organise la Coupe du Monde des clubs ?

Vous savez une chose, c’est qu’avec la FIFA où on occulte expressément, ou peut-être c’est une désinformation aussi, mais je peux vous garantir que la coopération est totale. Moi, peut-être, je fais la différence parce que j’occupais d’autres responsabilités dans mon pays avant et lorsqu’on est responsable dans un pays – j’étais Ministre de la pêche et je coopère avec la FAO, je coopère avec la Banque Mondiale, je coopère avec l’Union européenne. Et même, vous pouvez demander parce que le représentant de la FAO à Madagascar, c’est un camerounais. On a une très bonne collaboration, j’estime que nous sommes encore loin, il y a une avancée au niveau du développement dans les pays du Nord. Et quoi qu’on dise, nous sommes loin aussi dans le domaine du football malgré que, comme dans tous les secteurs économiques, nous avons de la richesse mais on est toujours en retard. Nous avons de la matière première même pour le football. Je pense que l’exemple est là : notre frère Samuel Eto’o. Il n’a pas à rougir devant qui que ce soit sur le plan footballistique dans le monde. Mais pourquoi l’Afrique ne va pas alors assez loin. C’est une question de planification, une question d’organisation et beaucoup de choses. Et pour rattraper ce retard, il faut une collaboration avec tout le monde et en premier lieu, si je ne vais pas demander la coopération de la FIFA avant de demander à d’autres, je suis le plus cancre des cancres parce que c’est eux qui financent en premier le football mondial dont le football africain. Et en dehors de cela, si vous pouvez bénéficier de quelqu’un qui a fait une dizaine d’années, secrétaire général d’une Confédération qui marche bien – la référence c’est l’UEFA aujourd’hui – ce n’est que bénef. Aujourd’hui, il est président de la FIFA, il est disposé à vous aider. Avoir son conseil et sa collaboration, pour moi, c’est une aubaine. Je dois profiter au maximum pour rattraper ce retard acquis depuis plusieurs années. Moi je m’engage et c’est ce que j’ai dit aujourd’hui à l’ouverture de notre réunion, si nous décidons et que c’est faisable de jouer la CAN en juin-juillet, c’est mon travail en tant que président de la CAF d’aller voir le président de la FIFA pour qu’on puisse agencer notre calendrier. La Coupe du Monde des clubs, c’est 21 jours, il y a deux mois encore là. Donc, on peut toujours agencer le calendrier mais les raisons scientifiques sont là, c’est impossible. On ne protège pas nos joueurs professionnels, c’est comme si on les envoyait à l’abattoir si on les fait jouer en cette saison. C’est pour cela que pour le bien de cette compétition, il faut un agencement de plusieurs critères, ce n’est pas l’idéal mais c’est ce qui est mieux à faire. Pour l’exemple, vous savez qu’on doit jouer les qualifications de la Coupe du Monde 2022 au mois de mars mais je me suis approché de Giani Infantino et je lui ai dit : président, laissez-nous le mois de mars parce que la Coupe du Monde, c’est en 2022 mais on peut terminer les qualifications de la CAN et après, on commence pour la Coupe du Monde après. On a regardé le calendrier, il a demandé à ses techniciens de changer. Maintenant, les qualifications de la CAN, c’est la fenêtre FIFA du mois de mars, et la fenêtre FIFA du mois de septembre, on termine tout. On saura au mois de septembre, quelles sont les équipes qualifiées pour Cameroun 2021. Pour vous dire, il y a des discussions internes, il y a des arrangements, entre la FIFA et la Confédération africaine de football.

On a bien compris que le glissement de date s’est fait à la demande du Cameroun. Est-ce à dire que pour la Coupe d’Afrique des Nations de 2023, s’il arrivait que la Côte d’Ivoire n’était pas prête à la date indiquée, il y aura un nouveau glissement, autrement dit, finalement, y aura-t-il une date fixe pour les compétitions de la Coupe d’Afrique des Nations ?

Vous savez, il y a beaucoup d’aléas en Afrique, je ne veux pas spéculer sur 2023 parce que ça risque d’être mal interprété. Vous avez vu lorsque j’avais annoncé, je me rappelle encore et je me rappelle encore qui ont fait ces déclarations et qui m’ont ciblé lorsque j’ai dit : même avec les critères que nous demandons aujourd’hui avec le cahier de charge, le Cameroun n’est pas prêt pour une CAN à quatre équipes. Je le maintiens, ce jour-là, vous n’aviez pas aimé mais c’était la vérité à cette époque-là. Mon défaut, c’est que je dis toujours la vérité parce que je veux être toujours sincère dans ma démarche, je veux être cohérent pour quoi on m’a demandé d’être et pour quoi les gens m’ont élu pour être président de la CAF. Je ne m’en déroge pas à cette cohérence. Nous avons un programme établi, on continuera dans ce sens

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

PosTeamPWGDPts
100411
200211
30015
40005