CHAN 2020 – Bruno Bekono : « Nous entendons améliorer l’expérience du spectateur pendant le CHAN »

Président de la Commission Marketing du COCAN 20-21, lui et son équipe proposent une panoplie d’innovations, visant à permettre au Cameroun d’organiser un CHAN différent et révolutionnaire. Malgré les délais relativement courts, son arsenal s’active et les premiers résultats du travail titanesque qu’ils abattent au quotidien se révéleront bientôt au public. Il s’exprime dans une interview exclusive accordée à Lion Indomptable.

Bonjour Monsieur

Bonjour

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Lion Indomptable ?

Je suis Bruno Bekono, Président de la Commission Marketing du COCAN 20-21

En quoi consiste votre travail au niveau de la Commission Marketing du COCAN 20-21 ?

Président d’une commission au sein d’un Comité d’organisation, je m’occupe essentiellement du volet marketing avec mes pairs qui sont les membres de cette commission. De plus, nous nous sommes adjoint les compétences additives de quelques experts pour pouvoir répondre de manière précise aux charges qu’on nous a confiées. De quoi parlons-nous à la Commission Marketing ? Nous avons mis en place un plan d’action après avoir élaboré bien entendu une réflexion stratégique. Cette réflexion stratégique consistait à définir : premièrement, notre positionnement parce qu’un grand événement parle. Il parle aux camerounais parce que nous sommes au Cameroun mais il parle également au reste du monde. Il faudrait qu’à l’issue de cet événement, que l’on comprenne ce que le Cameroun a voulu transmettre au travers de cet événement aussi. D’autre part, lorsqu’un événement sportif de cette ampleur se déroule, il laisse toujours un héritage. Cet héritage n’est pas forcément le trophée que le pays aurait gagné, ce que nous souhaitons au Cameroun, mais il est à la fois infrastructurel, il peut aussi être social et même économique. Nous au marketing, nous essayons d’agir à la fois sur le plan du social  et de l’économique. Et donc, notre positionnement est celui de l’innovation. Nous voulons que ce CHAN (et la CAN par ricochet si la charge nous est confiée aussi) soit celui de l’innovation et qu’il ait un impact à la fois économique et social. Vous me direz que les délais sont courts, je vous le concède volontiers mais nous essayons de mettre en place des actions qui puissent produire ce double impact et qui puisse être comptabilisées dans l’héritage que l’on retiendra de cet événement. De plus, nous sommes conscients que le CHAN est une phase préparatoire pour le grand rendez-vous, celui qui est attendu depuis plus d’un demi-siècle et celui pour lequel le Cameroun a consenti d’énormes moyens. Nous avons heureusement, une décision qui a été prise tout récemment par la CAF de définitivement confier cet événement au Cameroun, ce qui nous permet de libérer notre imagination et d’être créatifs. Nous avons également un peu de temps devant nous, pour amener un maximum de sociétés, un maximum de camerounais à contribuer au succès de cet événement.

Avec l’arrivée de la délégation de la CAF, on a vu que vos journées étaient davantage chargées. Que peut-on retenir des multiples séances de travail  que vous avez effectuées avec les dirigeants de cette instance ?

Je vous ai dit tout à l’heure qu’avant toute chose, nous avons eu une réflexion stratégique pour définir un peu ce que nous voulons faire sur le plan marketing dans ces événements. Et une des premières actions que nous avons mises en place, était de rencontrer la CAF pour revoir un peu les contraintes du règlement marketing de la CAF, qui en son temps avait été pensée, non pas pour ratisser large, c’est-à-dire pour faire venir un maximum d’entreprises locales dans l’événement mais de faire venir celles qui avaient les moyens de se positionner à une hauteur qui, de notre point de vue était quand même relativement haute. Et donc, on a négocié et obtenu un ajustement qui soit un peu plus conforme à l’état du marché camerounais. C’était une première chose. Beaucoup de choses également nous ont été concédées par la CAF et qui vont servir un peu, d’expérimentation, d’activation marketing pour les autres compétitions de la CAF si toutefois, elles venaient à être validées et probantes au niveau du Cameroun. C’est donc quelque chose qui devait être fait et qui nous empêchait d’aller un peu loin dans nos démarches de prospection locale. Aujourd’hui que c’est réalisé, nous pouvons raisonnablement présenter des offres aux entreprises et les inciter à s’inscrire dans les actions que nous mettons en place.

Parlant de ces actions, quels sont les différents axes que le Cameroun entend développer sur le plan marketing autour du CHAN ?

Pour être très simple, nous avons le marketing business – l’entreprise décide de se donner de se donner de la visibilité sur un événement qui se déroule au Cameroun, c’est son choix, il vient et c’est tant mieux. Ça a l’avantage pour le pays de montrer que nous avons un tissu économique et entrepreneurial dense et c’est très bien. Nous ne voulons pas rester essentiellement sur le domaine du business. Nous pensons qu’améliorer l’expérience du spectateur qui vient assister à ces événements et qui est partie prenante de l’organisation de ces événements est aussi intéressant y compris pour ceux qui accolent leur marque, leur image à l’événement que pour l’organisateur qui est le Cameroun et bien entendu pour le propriétaire qui est la CAF. Il faut améliorer l’expérience du spectateur. J’entends par là, lui donner des raisons d’être satisfait. Je vous cite un exemple, nous allons, dans la mesure où les moyens seront réunis – nous ne les avons pas encore mais je n’en doute pas – permettre aux spectateurs de se rendre au stade à partir du périmètre de sécurité, non plus en marchant sur deux ou trois kilomètres à pied comme ça a été le cas dans les compétitions précédentes mais en bénéficiant d’un mode de transport gratuit. Une navette qui les amènerait jusqu’à la porte du stade, à partir de la limite de sécurité. C’est, je pense, un petit service qui sera apprécié par les femmes enceintes, les enfants, les personnes handicapées, etc… Nous avons le souci d’apporter aussi du confort aussi aux spectateurs qui se déplacent et qui viennent sur les stades. Ce n’est qu’un exemple. Nous voulons profiter de ce service pour faire passer des messages, des messages de marketing social, permettant au citoyen d’améliorer son comportement sur la route qui est une propriété partagée, que ce soit par les motos ou les véhicules ou les piétons. Nous pensons que ce sont des moments intéressants pour pouvoir dire un certain nombre de choses qui contribuent au vivre-ensemble. Voilà un peu, à titre d’exemple, des actions que nous allons mener.

Vous avez embrayé là sur les innovations que vous entendez mettre sur place pour permettre au Cameroun d’organiser un CHAN différent de tout ce que nous avons vu jusque-là. Y en a-t-il d’autres ?

Bien sûr ! Notre rôle dans l’organisation est de veiller au respect du cahier des charges du détenteur des droits qui a un certain nombre d’exigences, notamment que son image ne soit pas utilisée de manière abusive. Parce que c’est parfois l’occasion pour des entrepreneurs indélicats d’utiliser l’image et le nom de l’événement pour faire leur promotion sans acquérir les droits. Donc, un des rôles de la Commission marketing est de veiller à ce que cela ne se produise pas. Il y a également, pour parler des innovations, des actions qui peuvent être faites pour la protection de l’environnement. Nous savons que des événements comme ceux-là génèrent beaucoup de déchets, notamment des déchets plastiques. Chaque fois que vous réunissez un grand nombre de personnes, évidemment sur une durée relativement longue, ils consomment de l’eau et cette eau est emballée dans des conditionnements en plastique. Nous voulons, dans la mesure où un de nos partenaires le trouvera pertinent, associer le nom d’une entreprise à ce que nous fassions un CHAN propre, que nous fassions la collecte des déchets, que nous puissions les trier et que nous facilitions le travail des professionnels du secteur de l’assainissement en rendant les sites où se déroule la compétition très propres. Avec cela, nous voulons également faire passer des messages, induire des comportements qui peuvent évoluer, notamment dans le tri sélectif des ordures, des déchets en amont. Si cette pratique devenait courante à partir d’un événement comme le CHAN ou la CAN, le pays s’en souviendra et toutes les parties prenantes y trouveraient une raison d’être satisfaites.

Quelles sont les activités immédiates prévues par la Commission marketing du COCAN 20-21 autour du CHAN ?

Dans l’immédiat, nous devons finaliser nos offres, ce qui est quasiment fait, nous les passons à l’imprimerie, elles seront disponibles dans les entreprises au courant de la semaine prochaine. Les délais que nous leur accordons ne sont pas très longs mais nous agissons tous dans l’urgence et j’espère que quelques-unes pourront s’engager pour nous accompagner dans ce travail. C’est donc là, une activité centrale et urgente. Nous avons aussi la mise en place des différentes actions de marketing social. Je vous ai donné deux exemples, il y en a d’autres. Nous allons lancer une campagne de sensibilisation auprès de ce que nous appelons des lieux de vie : les bars, hôtels et restaurants pour qu’ils se préparent à accueillir des visiteurs à la fois intérieurs (des camerounais qui viendront des autres villes du pays)  et extérieurs et qu’ils leur présentent un meilleur visage en prenant soin des commodités que l’on doit trouver dans ce type de lieux et nous pouvons même y mettre un challenge pour primer ceux qui auront été au niveau de nos attentes ou au-delà.

Les visuels définitifs du CHAN sont connus, ils ont été présentés mercredi soir au cours d’une soirée de gala organisée à l’hôtel Hilton de Yaoundé, tout comme l’hymne de la compétition. Comment entendez-vous vulgariser ces emblèmes qui constituent l’identité de la compétition ?

La première chose pour nous, c’est d’éviter l’anarchie. Nous prenons des dispositions réglementaires, juridiques pour que les emblèmes de cette compétition ne soient pas dévoyés et que si l’on veut s’en servir, que l’on suive une démarche régulière, comprise et acceptée par tous. Sur le plan légal, nous prenons des dispositions pour veiller à l’embouche marketing, lutter contre l’embouche marketing. D’autre part, nous donnons la possibilité aux opérateurs économiques locaux de souscrire en manifestant leur intérêt. Quelques avis seront dans les journaux dès la semaine prochaine pour les inviter à souscrire à des licences de production des objets qui donneront de l’emphase, de l’ampleur à ces visuels.

Quels sont les types de gadgets que vous avez prévus  mettre à la disposition du public ?

Nous définissons le type mais nous ne pouvons pas produire. Le COCAN n’est pas là pour produire les gadgets mais nous offrons la possibilité aux opérateurs économiques locaux de le faire en définissant un certain nombre de caractéristiques notamment en précisant quelles familles de produits peuvent faire l’objet d’une production associée à l’image de l’événement. Vous aurez du textile, vous aurez des objets en céramique, des objets en plastique, etc… Mais je ne peux pas vous donner dans le détail, ni le nombre de stylos qui seront faits avec la mascotte…

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés au niveau de la Commission marketing ?

Nos objectifs sont de deux ordres : nous avons des objectifs qualitatifs et nous avons des objectifs quantitatifs. Sur le plan qualitatif, nous voulons que ce CHAN serve de galop d’essai, de répétition pour le grand rendez-vous de 2021. Mais cela étant, il faudrait qu’on commence à comprendre que le Cameroun est capable d’assurer de grands rendez-vous et cela étant, il nous sera plus aisé d’amener plus de monde, de mobiliser plus large pour la CAN 2021. C’est le principal objectif que nous avons au niveau du marketing. Sur le plan quantitatif, je vous ai dit que les délais étaient très courts pour que je puisse m’aventurer à donner des chiffres. Mais nous faisons tout pour ramener le plus grand nombre de partenaires.

Pensez-vous avoir les moyens matériels, financiers et humains pour atteindre ces objectifs ?

Oui ! Je dis oui parce que qui peut le plus, peut le moins. Je dis oui parce qu’en fonction des moyens que nous avons, nous pouvons nous adapter. Le marketing, c’est aussi ça. En fonction de vos moyens, vous pouvez toujours communiquer, si vous n’avez que votre bouche pour parler, vous parlez avec votre bouche.

Merci beaucoup pour votre disponibilité

Le plaisir est le mien  

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

PosTeamPWGDPts
100411
200211
30015
40005