EL JO 2020: Alain Djeumfa, ou quand la chance vous lâche !

Vanté par certains pour sa qualité tactique (très portée sur la défensive), Alain Djeumfa vient de subir une déroute au moment le plus décisif de ces éliminatoires des Jeux olympiques de Tokyo 2020. Le sélectionneur des lionnes indomptables n’a tout simplement pas trouvé la solution face au jeu très offensif proposé par Bruce Mwape, le sélectionneur de la Zambie. Pourtant le Cameroun arrivait à Lusaka avec un léger avantage à consolider. Cette fois, il y’a pas eu d’exploits individuels pour sauver les meubles et faire oublier un pauvre contenu.

Une campagne olympique sur le fil

Depuis le début des éliminatoires des J.O de Tokyo, les lionnes indomptables ont à chaque fois tiré leur épingle du jeu grâce à des exploits individuels (Nchout Ajara notamment). Face à l’Ethiopie, la RD Congo, la Côte d’Ivoire ou contre la Zambie à Yaoundé, il fallait toujours s’en remettre à une décision individuelle que collective. Il était clair qu’un jour, la chance allait tourner.
Depuis sa prise de fonction en Janvier 2019, en remplacement de Joseph Ndoko, Alain Djeumfa n’a pas toujours réussi à faire jouer son équipe comme elle le mérite. Aux antipodes dans la philosophie de jeu avec son prédécesseur, l’actuel sélectionneur des lionnes indomptables adore faire évoluer son équipe par à coup. On laisse le ballon à l’équipe adverse, et on privilégie le jeu direct grâce à des contres destructeurs. On peut compter notamment sur la vitesse de Gabrielle Aboudi Onguene, Nchout Ajara ou encore Michelle Akaba. Lors de la coupe du monde, cette tactique de jeu a trouvé des limites. Nos différents adversaires en France lisaient très facilement notre comportement offensif. L’on a mis cette façon de jouer sous le coup de la transition, puisque Djeumfa a initié un rajeunissement de l’effectif. Chose pas aisée en pleine compétition. Après la coupe du monde, les supporters des lionnes indomptables qui se font de plus en plus nombreux ont attendu une meilleure qualité de jeu de l’équipe. Que non ! Même à domicile, le Cameroun se fait bouger (illustration contre l’Éthiopie et la Zambie). Laissant la possession aux adversaires quel que soit le scénario du match. A Lusaka, les super héros Ajara et Onguene n’ont pas pu masquer la pauvreté du contenu affichée par l’équipe d’Alain Djeumfa.
Même l’animation défensive de son équipe à volé en éclat après dix minutes de jeu seulement. Il n’a même pas été capable de jouer sur ses qualités cette fois, affichant un 4-3-3 offensif alors que le Cameroun avait un léger avantage à conserver.

Des choix incompréhensibles

Au fur et à mesure que l’on avançait dans ces éliminatoires, les choix d’Alain Djeumfa ont été de plus en plus incompréhensibles au regard du vivier des joueuses camerounaises évoluant au Cameroun et à l’étranger.
Il a décidé de se passer des services de Michaela Abam (Betis Séville \ Espagne), Raïssa Mbappe (Étoile Rouge Belgrade\ Serbie), Yvonne Leuko (Nantes /France), Farida Machia (Braga/ Portugal) pour ne citer que celles-là. Pour des joueuses en manque de clubs professionnels depuis peu et qui ont trouvé refuge au Cameroun. Un championnat de D1 féminin que l’on sait en dents de scie en rapport à son niveau.
L’absence de Raïssa Feudjio (blessée) n’a pas arrangé les choses. Le milieu de terrain a perdu en qualité, ce que le sélectionneur à refuser carrément de compenser avec un atout d’un meilleur niveau que (Colette Ndzana ou Brigitte Omboudou). Un entêtement qui commence à soulever des questions. Face au Chili, Alain Djeumfa à l’occasion de se rattraper. Il est plus que jamais au tournant.

La FECAFOOT et l’absence de Raïssa Feudjio, n’ont pas aidé

Deux éléments ont contribué également à diminuer les chances de réussite du sélectionneur Alain Djeumfa face à la Zambie. La Fédération Camerounaise de Football n’a pas joué franc jeu avec son technicien, ne lui donnant pas la possibilité d’avoir de meilleurs sparring Partners pour préparer cette double confrontation face à la Zambie. L’on a appris qu’Alain Djeumfa avait demandé à prendre part au tournoi féminin de l’UNIFFAC en Guinée équatoriale, où on retrouvait quelques nations (RD Congo, Guinée équatoriale entre autres) susceptibles de poser des problèmes aux lionnes indomptables, et ainsi mieux les préparer à l’offensive zambienne. 12 jours de compétition d’un niveau acceptable qui auraient été bien mieux que des matchs de préparation face aux habituelles centre de formation de la ville de Yaoundé.

Notons également la grosse période d’indisponibilité de Raïssa Feudjio (cadre de l’équipe, et atout majeur au milieu de terrain). Son absence a été comblée numériquement mais pas qualitativement. Illustration à Yaoundé, où le milieu de terrain des lionnes indomptables a été bouffé littéralement. Seule Grace Ngock Yango a existé physiquement, mais la qualité offensive était bien pauvre pour permettre de gêner continuellement les zambiennes dans cette double confrontation. Il faudra trouver des solutions face au Chili, la manche Aller arrive vite. Alain Djeumfa a peu de temps pour changer de cap dans son coaching. Sa prochaine liste sera scrutée de près.

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