Exclusif – Yves Clément Arroga : « Je ne suis pas là par hasard »

Sa nomination à la tête des Lions Indomptables A’, le 20 septembre 2019 par le Ministre des Sports et de l’Education Physique, Narcisse Kombi Mouelle a suscité une vive polémique au sein de l’opinion sportive camerounaise. Les observateurs pour la plupart lui reprochaient d’être depuis longtemps déconnecté des réalités du football local camerounais. Yves Clément Arroga sait qu’il est attendu au tournant. Le technicien titulaire d’un diplôme UEFA Pro est déjà sur le terrain depuis quelques semaines. Pour atteindre les objectifs qui lui ont été assignés, notamment remporter le CHAN Cameroun 2020 (objectif majeur), il n’entend négliger aucun détail. Le nouveau patron du banc de touche des Lions A’ revient sur les défis et les missions qui l’interpellent, dans une interview exclusive accordée à Lion Indomptable.

Yves Clément Arroga, bonjour !

Bonjour

Comment vous vous sentez ce dimanche matin ?

Je me sens en pleine forme (rire…)

Vous êtes le nouveau sélectionneur des Lions Indomptables A’, comment avez-vous accueilli cette nomination ?

C’est toujours important que quand votre pays vous appelle, et que vous êtes vraiment sollicité pour une lourde mission comme celle-là, c’est toujours avec joie qu’on l’accueille. Sachant l’importance qu’il y a au niveau du football camerounais, il faudrait qu’il soit relevé et connaissant les apports qui peuvent être les miens au niveau du football camerounais, j’ai été ému et j’ai répondu comme un militaire pour venir.

A peine nommé, on vous voit déjà sur le terrain…

Oui ! Puisque le cas du Cameroun, j’ai analysé depuis fort longtemps et je savais exactement ce que je pourrais faire si un jour, j’étais appelé. C’est la raison pour laquelle vous voyez que mon action n’est pas limitée simplement au niveau de la Ligue 1 et Ligue 2 parce que je sais que le Cameroun regorge énormément de talents, raison pour laquelle j’ai décidé d’aller jusqu’au fond, même au niveau amateur pour dénicher l’oiseau rare.

Concrètement, comment matérialisez-vous cette descente sur le terrain ?

C’est une particularité à moi, je ne dis à personne que j’arrive, je viens à l’insu de tout le monde, je regarde les matches amicaux, les entrainements, je vois ou j’envoie des gens. Après, je vais vers le coach, je me présente et je lui demande par exemple de me donner deux de ses bons joueurs. Mais avant, j’ai une liste à moi, je connais les gens que j’ai vus, les gens qui peuvent répondre présent devant une situation comme celle-là. Si après, les noms qu’il m’a donnés ne concordent pas, on ne retient pas. La forme de travail que j’ai mise sur pied, c’est bien celle-là. Apparaitre sans se signaler et essayer d’avoir sous la main des bons joueurs, et pouvoir sélectionner des bons joueurs. Après, demander au coach les bons joueurs qu’il a pour ensuite confronter les listes. Si un nom n’apparait pas, ça veut dire que le choix a été mal fait. Donc, nous repartons avec une idée précise.

Et les premières impressions, ça donne quoi ?

Les premières impressions sont bonnes. Déjà, les coaches sont conscients de cela, ils ont vu l’importance d’être sur le terrain, l’importance que je donne déjà à être là sur le terrain, à assister aux entrainements, à assister aux matches amicaux et ça marque.

Il faut dire quand même que votre nomination a suscité une grosse polémique, beaucoup vous reprochant d’être déconnecté de la réalité sur le terrain du football local. Comment avez-vous accueilli ces critiques ?

Les gens qui disent que je suis déconnecté de la réalité, ce sont des gens qui ne savent pas ce qui se passe. On m’a nommé sur un projet, sur un programme, ce n’est pas par hasard que je suis là. Donc, je n’ai pas été parachuté ici par hasard. Le Gouvernement de la République a trouvé en moi, quelqu’un qui peut apporter. La polémique autour, je n’en ai rien à foutre.

Avez-vous déjà pris contact avec votre adjoint Emmanuel Ndoumbe Bosso dans le cadre du travail ?

Oui ! Ce matin encore, j’étais en train de parler avec lui. On est en symbiose et tout est parfait.

Il faut dire que votre parcours tant sur le plan footballistique et même dans le domaine de l’entrainement est peu connu du grand public camerounais, d’où la polémique que nous évoquions plus haut. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Qui est le coach des Lions A’ ?

Le coach des Lions A’, c’est quelqu’un qui a été formé dans le Canon de Yaoundé, qui a été dans le Diamant de Yaoundé et qui est ensuite allé en Europe, qui a échoué aux portes du niveau professionnel mais qui continué dans la formation, qui est entré dans le Sport-étude, qui a fait de grandes études et qui a le niveau le plus élevé dans l’entrainement du football ; qui a fait l’investigation dans le domaine du football, qui a écrit des brochures dans le football. Les camerounais, peut-être qu’ils ne suivent pas l’actualité au niveau de l’Espagne, ils devraient comprendre qui je suis vraiment.

Il faut également rappeler que vous êtes titulaires d’une licence UEFA Pro. Comment procède-t-on pour obtenir ce diplôme ?

C’est la formation. Quand vous aimez quelque chose, il faut aller au bout. Ce n’est pas donné à n’importe qui. Donc, quand vous êtes UEFA Pro, ça veut dire que vous avez atteint le sommet de la qualification dans le domaine de l’entrainement.

Tout à l’heure, vous faisiez savoir que vous avez été nommé sur la base d’un projet, peut-on avoir quelques axes de ce programme ?

Ma nomination a été effectivement faite sur la base d’un projet que j’ai remis au niveau de la fédération et du ministère des sports qui a jugé que c’est Yves Clément qui doit être là. On est là, on va travailler dessus, je ne suis pas seulement là pour apporter au niveau des A’ mais j’ai des projets derrière qui vont suivre. Déjà, même l’ancien staff de la FECAFOOT avait été invité par moi à Madrid, par rapport à un projet de réforme de la Direction Technique Nationale qui est un tout petit peu en standby parce que les autorités camerounaises n’ont  pas encore décidé que ce projet puisse aller de l’avant. Je vais relancer ce projet et vous verrez que beaucoup de choses vont changer. Je suis là pour faire des apports, je suis camerounais à part entière, je suis là…

On sait que la mission qui vous a été assignée est très importante, à savoir, remporter le Championnat d’Afrique des Nations. Est-ce que vous mesurez la pression du travail qui vous attend ?

Tous les jours, je travaille sous pression. Donc, ce ne sera pas quelque chose d’étrange, sachant qu’au Cameroun, il y a 25 millions d’entraineurs, nous on va faire notre travail, je vais faire mon travail avec toute mon équipe avec une sérénité totale et nous allons travailler dur pour essayer de remporter ce CHAN.

Au moment où vous arrivez au Cameroun, quelle est l’image que vous avez du football camerounais, vous qui êtes parti depuis fort longtemps quand même ?

Nous avons vécu un peu le semi-professionnalisme à l’époque quand nous étions dans le Diamant de Yaoundé… On  constate que le football camerounais est un peu à la traine. C’est la raison pour laquelle nous sommes là pour que le football puisse retrouver sa place de marque.

Le Championnat d’Afrique des Nations se jouera entre janvier et juin 2020. Est-ce que cette compétition n’arrive pas un peu vite par rapport au projet que vous aviez pour la sélection camerounaise A’ ?

Non ! Nous sommes encore dans les délais. Nous avons pris les taureaux par les cornes, on ne va pas attendre que le championnat puisse démarrer, nous sommes prêts à tous les niveaux pour avoir une bonne équipe, parce que le Cameroun regorge énormément de talents et je crois qu’il est temps qu’on fasse confiance à ces jeunes-là qui montent, qu’on fasse confiance à la jeunesse et que nous tous, puissions apporter quelque chose de bien à l’édifice du Cameroun.

Le démarrage du  Championnat est annoncé pour le 18 octobre. Allez-vous mettre sur pied une stratégie pour collaborer avec les coaches des différentes équipes ?

Effectivement, il y a une stratégie que j’ai déjà communiquée envers certains coaches. Nous allons travailler en symbiose pour que chacun puisse faire des apports, pour que notre sélection puisse avoir de véritables gladiateurs.

Au-delà du CHAN qui est l’objectif majeur  qu’on vous a assigné, est-ce que vous vous êtes fixés des défis personnels ?

Mon premier défi personnel est d’abord général. Il faut que nous gagnions premièrement le CHAN parce que c’est ce qui est devant nous là. Après, bien sûr on verra. C’est pas à pas, c’est match par match.

Merci

C’est moi qui vous remercie.

Par la Rédaction

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

PosTeamPWGDPts
100411
200211
30015
40005