Gabrielle Aboudi Onguene : « Après ce virus, on aura le temps de jouer au football »


Capitaine de l’équipe nationale séniore de football féminin, Aboudi Onguene invite ses coéquipières de la sélection et les camerounais en général à prendre au sérieux les mesures prescrites pour éviter la propagation du Coronavirus. Dans cette interview accordée à Lion Indomptable, elle revient sur les mesures prises dans son club, le CSK Moscou à son retour du Cameroun et parle aussi du report par la FIFA de la double confrontation face au Chili, comptant pour les barrages en vue d’accéder au tournoi de football féminin des Jeux Olympiques Tokyo 2020.

Que pensez-vous du report de la rencontre Cameroun-Chili, dans le cadre des barrages qualificatifs aux Jeux Olympiques ?
Je pense que le report du match contre le Chili est une très bonne décision de la part de la FIFA, vu que le plus important, c’est la santé des athlètes. Même si on maintenait ce match, je crois que ça devait être difficile pour certaines joueuses de rejoindre le pays, vu que toutes les frontières sont pratiquement fermées. Je suis vraiment contente de cette décision et je crois ça nous donne le temps d’encore mieux nous préparer et de lutter contre cette maladie.

De retour du Cameroun après les deux rencontres face à la Zambie, comment avez-vous été accueillie par votre club, dans ce contexte marqué par les mesures liées à la prévention du Coronavirus ?

A mon retour, je ne suis pas allé directement en Russie. Mon club est en Turquie depuis le 9 mars pour la deuxième phase de la préparation du championnat. Après le match contre la Zambie, j’ai dû les rejoindre. A mon arrivée, ils ne m’ont pas mise en quarantaine. J’ai rejoint mes coéquipières, j’ai retrouvé ma chambre et on prenait ma température trois à quatre fois par jour. Je suis arrivé le 13 et le 14, j’ai repris les entrainements, deux fois par jour, jusqu’au 17 où j’ai dû quitter la Turquie avec trois de mes coéquipières étrangères. Il fallait que nous rentrions en Russie, vu que la Russie fermait ses frontières aux étrangers le 18. Après l’entrainement du 17 au matin, nous avons pris le vol pour la Russie, nous y sommes entrées avant qu’on ne ferme les frontières aux étrangers. Actuellement, l’équipe est restée en Turquie, elle s’entraine. Nous sommes rentrées en Russie où nous sommes cloitrées chez nous. On nous a demandé de ne pas trop sortir, sauf si nous avons besoin de quelque chose d’important. Nous sommes là et nous essayons de respecter les mesures de sécurité qui ont été prises.

Quel commentaire pouvez-vous faire des bouleversements causés par ce virus dans le monde ?
Je crois que ce qui se passe actuellement dans le monde, ça fait vraiment mal, ça fait vraiment peur. On a l’impression que la fin du monde est proche et qui aurait cru qu’à cause d’un virus, tout un monde allait basculer comme aujourd’hui. On ne peut que rester en prière et souhaiter que l’on puisse trouver des solutions pour éradiquer ce virus. Au Cameroun, j’ai l’impression qu’on ne mesure pas encore l’ampleur de ce virus. Quand je regarde les mesures prises par le Gouvernement, je constate qu’à 20 heures, on a toujours des gens dehors et ça fait vraiment mal de voir qu’ils ne prennent pas encore conscience de ce qui se passe actuellement.

Comment se passent vos journées depuis que vous êtes retournée en Russie ?
Comme je le disais encore, je suis rentrée le 17 dans la nuit parce qu’on fermait les frontières aux étrangers le 18. Je suis retournée en Russie avec trois de mes coéquipières étrangères. L’équipe est restée en Turquie, elle s’entraine toujours et je crois qu’elles vont rentrer le 20. Je suis juste allé faire certaines courses hier et après, je suis à la maison, j’essaie de garder la forme à la maison parce que le plus important, c’est la santé. Il ne faut pas sortir tout le temps et chopper quelque chose qu’on va regretter. Après ce virus, nous aurons le temps de jouer au football. Le plus important, c’est la santé du joueur, c’est d’essayer d’éviter beaucoup de contacts.

Avez-vous un message à adresser à vos coéquipières de la sélection et aux camerounais en général, relativement à la prévention du Coronavirus ?
Le message que je peux envoyer à toutes mes coéquipières, c’est de faire gaffe. Le football, c’est notre passion, c’est ce que nous avons choisi mais avant cela, il y a notre santé. Faisons gaffe les filles ! Si on a demandé de rester à la maison, restons-y ! Si on peut faire certains exercices à la maison, faisons-les. Ne prenons pas le risque de sortir faire du n’importe quoi dehors parce qu’après ce virus, on aura le temps de jouer au football. Ce virus, il peut finir, mais le football ne va jamais finir. A tous les camerounais, je souhaite qu’ils essaient de respecter les décisions prises par le Gouvernement. Hier encore, j’avais très mal de voir les camerounais encore dehors à 20 heures. De grâce qu’ils essaient de prendre en considération les mesures de sécurité qui ont été prises.

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