Gouvernance : Pourquoi le rapport d’audit du cabinet PWC met la CAF en colère

Au cours de la session du Comité exécutif de l’instance qui dirige le football sur le continent africain tenue ce vendredi 14 février 2020, les dirigeants de la Confédération africaine de football (CAF) ont ouvertement rejeté des éléments contenus dans le rapport d’audit récemment produit par le cabinet américain PWC sur la gestion financière de leur institution.

Le rapport de l’audit effectué par le cabinet PricewaterhouseCoopers sur l’état de la CAF entre 2015 et 2019 serait très accablant pour les dirigeants actuels de l’institution qui administre le football en Afrique. Selon le document qui a fuité dans la presse, il est possible que les dirigeants de l’instance continentale se soient rendus coupables de détournements de fonds, des faits présumés de mauvaise gestion et d’amateurisme. Cette mauvaise gestion pointée par le rapport de la société américaine sollicitée par la FIFA pour faire la lumière sur la gestion des fonds mis à la disposition de la CAF par l’instance mondiale, a énormément fait jaser ces deux dernières  semaines. Ce qui n’a pas manqué d’irriter l’administration d’Ahmad qui est allée jusqu’à menacer de traduire en justice les médias qui s’hasarderaient à relayer ces informations.

Le sujet s’est naturellement invité au menu de la réunion du Comité exécutif de la CAF tenue ce vendredi 14 février 2020 à Doha au Qatar, en marge de la rencontre de la Super Coupe d’Afrique entre l’Espérance de Tunis et le Zamalek du Caire (1-3). Et le Gouvernement du football africain n’a pas hésité à rejeter ouvertement l’essentiel des éléments contenus dans ce rapport. « Le Comité Exécutif conteste les allégations non fondées contenues dans ce rapport », peut-on lire dans un communiqué publié vendredi à la fin de la réunion. La CAF n’a pas manqué de rappeler qu’« Invité à cette session du Comité exécutif, le cabinet PWC ne s’est pas présenté ». Le premier élément du rapport que la Confédération africaine de football conteste concerne la prise en charge de funérailles avec l’argent du football. « Il s’agit d’actes de solidarité en faveur de familles de personnes ayant servi le football africain dont la famille de feu Hussein Swaleh décédé de retour de mission dans le crash d’un avion. » Indique le communiqué. Il y a ensuite le détournement présumé des « fonds FIFA Forward ». La Confédération africaine de football assure que l’utilisation de cet argent « est strictement encadrée par des procédures de la FIFA elle-même. Pour rappel, les années 2015, 2016, 2017 ont fait l’objet d’un audit de la FIFA à travers des cabinets internationaux au nombre desquels figure PWC. » Indique l’instance continentale. Les dirigeants de la CAF sont enfin revenus sur le dossier Tactical Steel, qui a valu au président de la CAF une interpellation à Paris en juin 2019. « Sur ce dossier, les procédures sont en cours devant diverses instances. La CAF se tient à disposition afin de fournir toutes les justifications concernant cette opération autorisée au préalable par le Comité Exécutif. » Mentionne le communiqué.

Rupture

Les dirigeants de la Confédération africaine qui avaient, en son temps salué l’initiative de cet audit, n’avait visiblement pas prévu que ses résultats viennent ainsi gâcher leur sérénité. Ils ont désormais presque lancé un front contre PWC qui, contrairement peut-être à leurs attentes, ne s’est pas du tout montré complaisant. La CAF n’a visiblement pas l’intention d’accorder la moindre crédibilité au rapport de cet audit effectué en trois mois. Elle pourrait aussi se passer de ses recommandations et se concentrer sur son vaste projet de refonte de la CAF, baptisé « Transform CAF 2021 ». Ce projet s’inscrit en partie dans le cadre de propositions faites par cinq experts africains mandatés par la CAF et la FIFA. La « Task Force des réformes » avait présenté ses suggestions lors de la précédente réunion du ComEx, le 2 février à Rabat. « “Transform CAF 2021” comporte 4 axes de travail. Il s’agit de l’organisation et la gouvernance, les compétitions, l’arbitrage, et le développement de l’infrastructure. Ces 4 axes sont déclinés en 122 mesures dont 17 ont été jugés prioritaires et devront être finalisées à juin 2020 », explique le communiqué.

Malgré cette réaction martiale du Comité exécutif de la CAF, il faut noter que les révélations contenues dans le rapport d’audit de PWC sont prises très au sérieux par la FIFA, plus que jamais en guerre contre la mauvaise gouvernance dans le football. Face aux journalistes sportifs présents au 83ème congrès de l’Association Internationale de la Presse Sportive (AIPS), il y a environ deux semaine, Gianni Infantino le patron de l’instance faitière du football mondial avait déjà prévenu les dirigeants de la CAF sur les sanctions auxquelles ils pourraient faire face si toutes les accusations dirigées contre eux venaient à se confirmer. « L’argent de la FIFA sert à développer le football dans le continent et non le mettre dans les poches des dirigeants… J’espère que le président de la CAF  a réalisé que je vais être sévère contre la corruption », avertissait-il. Ce rapport de PricewaterhouseCoopers pourrait créer une rupture entre le président de la CAF et son mentor Gianni Infantino, qui avait pesé de tout son poids pour que le malgache soit installé à la tête du football africain, au détriment du camerounais Issa Hayatou.

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Cameroun3:0Comores

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PosTeamPWGDPts
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200211
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40005