Joseph Kamga (Chat) : « Je garde beaucoup d’estime pour Atangana Ottou »

Il fait partie des Légendes de l’Union Sportive de Douala et de l’équipe nationale du Cameroun avec laquelle il participa à la Coupe du Monde Espagne 1982. Milieu de terrain doté de très grandes qualités, son jeu était aussi propre que le sobriquet parfait, que les supporters lui avaient trouvé : « Chat ». Il avait largement contribué au sacre historique de l’Union Sportive de Douala en 1981 à la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de Coupes face aux nigérians de Stationery Stores. Aujourd’hui employé dans une banque au Cameroun, « Chat » ne s’est jamais éloigné de sa passion. En témoignent sa présence régulière dans les stades et sa participation à des matches d’exhibition. Il a accepté de partager quelques anecdotes de sa brillante carrière, à travers notre rubrique « Confidences d’anciens »

Est-ce qu’il y a un de vos anciens coéquipiers perdu de vue que vous aimeriez revoir ?

J’ai la chance de revoir tous mes anciens coéquipiers, qu’ils soient à l’étranger ou au Cameroun parce que je fais tout et tout, pour avoir de leurs nouvelles. Je crois que sur 100 joueurs, j’aurais au moins 90 avec lesquels je communique régulièrement.

Quels sont les joueurs qui vous ont le plus posé de problèmes lors de votre carrière ?

Personne ne m’a particulièrement posé de problème. Le football se joue à 11. Nous étions par exemple à la Coupe du Monde et tous les milieux se valaient. J’étais là avec Enanga, Abega et Mbida. Et chaque fois qu’on nous a mis sur le stade, on a toujours fait preuve de bonne foi et de bons rendements et l’entraineur avait toujours le choix sur les deux autres. On ne peut qu’accepter le choix de l’entraineur.

Quel est le moment de votre carrière où vous vous êtes senti le plus fort ?

Je peux dire : la Coupe d’Afrique en 1981 au Nigéria, contre Stationery Stores et puis ma participation à la Coupe du Monde 1982 en Espagne.

Peut-on dire que c’est ce moment qui a changé votre carrière ?

Pas du tout ! Le football, c’est d’abord un jeu, un plaisir. On y va pour jouer et pour être ambitieux et j’avais mis dans ma tête d’être ambitieux, j’ai atteint le sommet qui était la Coupe du Monde, après avoir gagné deux Coupes d’Afrique en club.

Quelle est l’anecdote de votre carrière que vous n’avez jamais racontée ?

En 1983 au Soudan, l’entraineur ne m’a pas aligné et le dernier match des qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations (1984), à Abidjan, j’étais dans la même chambre que Jacques Songo et comme la plupart des joueurs, il n’avait pas compris pourquoi Ognanovic n’avait pas beaucoup d’estime pour moi. Et un matin, à la descente de l’ascenseur, j’étais en compagnie de Jacques Songo’o – il est encore vivant – j’ai rencontré l’entraineur et je lui ai dit : je crois que ça va, j’ai fait ce que je pouvais, je vois que je te dérange beaucoup, ne m’appelle plus en équipe nationale.

Quelle est la plus grosse fête que vous aviez eu à organiser au cours de votre carrière ?

C’était lors de mon soixantième anniversaire, lorsque j’ai fait venir les anciennes gloires que les gens n’avaient plus vues depuis longtemps : Ebongue Ernest, Kunde Emmanuel, Ngueya Inongue Jacques… Tous étaient présents au stade Cicam (à Douala).

Quel est l’arbitre que vous aviez le plus apprécié pendant votre carrière ?

Kamdem Stanislas. Il ne marchait pas avec les dirigeants, il ne marchait pas avec les joueurs, il faisait son boulot sur le stade.

Et le meilleur entraineur que vous avez connu ?

Atangana Ottou Jean Vincent. C’était en équipe nationale. Il te laissait la liberté de faire tout ce que tu voulais aux entrainements et vraiment, je garde beaucoup d’estime pour lui parce que c’est grâce à lui qu’on s’est qualifiés pour la Coupe du Monde 1982 en Espagne.

Quel est le stage qui vous a le plus marqué en équipe national ?

En Allemagne, avant la Coupe du Monde. Nous avons passé un mois en jouant toutes les 48 heures. Cela nous a permis d’arriver en Coupe du Monde, gonflés à bloc. C’est un des meilleurs stages que nous avons effectués, en mai 1982.

Quelle était votre idole pendant que vous étiez joueur ?

Michel Platini en Europe et Gaston Paul Ndongo au Cameroun. C’est lui qui me fait jouer en milieu de terrain. Ce qu’ils avaient comme particularité, c’est la vision de jeu, c’est le plus important pour un milieu de terrain.

Quels sont les défenseurs que vous redoutiez le plus ?

Il y avait des défenses comme celles de PWD et de Dynamo. Face à ces équipes, j’ai souvent eu du mal à m’en sortir.

Le joueur le plus drôle que vous avez eu dans votre équipe ?

Dans les Lions, il y avait des amis comme les Arantes Mbida, qui était mon co chambrier à l’équipe nationale. Il savait de l’ambiance.

Quelle est la plus grande fierté de votre carrière ?

La Coupe d’Afrique des Clubs 1981 et la Coupe du Monde 1982. Voilà les deux fiertés de ma carrière. Puisqu’en 1981 au Nigéria, j’ai coulé les larmes. Je ne pensais pas qu’on pouvait gagner. Lorsqu’on avait fait 0-0 à Yaoundé, le président Ahidjo avait dit à Monsieur Ngassa Happi : « Emmanuel, ce sera dur au Nigéria ». Nous sommes allés une semaine avant, on n’a pas pu s’entrainer parce qu’on avait été empêchés par les nigérians. Il y a eu les gaz lacrymogènes dans les vestiaires mais vraiment, ce jour-là, nous nous en sommes sortis par 2 buts à 1. Ça fait partie des fiertés que j’ai eues en football.

Quel a été le but le plus important de votre carrière ?

C’était au Ghana, en 1981 lors d’un match  des demi-finales de la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de Coupes (contre Sekondi Hasaacas Football Club, NDLR), au cours duquel, j’ai marqué un but des 40 mètres. Et Grâce à ce but, nous sommes arrivés en finale.

Merci beaucoup

C’est moi qui vous remercie

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

PosTeamPWGDPts
100411
200211
30015
40005