A l’exception du Cameroun battu lors de ses deux premiers matches de poule de la Coupe du Monde U17 Brésil 2019, les trois autres représentants du continent africain : le Nigéria, le Sénégal et l’Angola ont offert une véritable démonstration avec chacun deux victoires lors des deux premières sorties. C’est tout logiquement qu’ils ont déjà validé leurs tickets pour le prochain tour de la compétition, alors que les lionceaux de Thomas Libiih ont presque dit adieu à la compétition. Retour sur les forces de ces sélections africaines.

Angola : Un néophyte décomplexé

En battant le Canada (2-1) mardi à Brasilia pour le compte de la deuxième journée de la phase de groupe dans la poule A, l’Angola a tranquillement validé son ticket pour la deuxième étape de la compétition, les huitièmes de finale. Déjà victorieux face à la Nouvelle Zélande lors de sa première sortie, les Palancras Negras faisaient un parcours sans faute en deux sorties. La défaite face au Brésil, pays organisateur à la troisième  journée disputée dans la nuit du vendredi 1er novembre n’a pas d’incidence sur le sort de l’ex colonie portugaise. Difficile de croire que les jeunes palancras Negras réalisent leur première participation à ce rendez-vous mondial. Participation décrochée lors de la CAN Tanzanie U17  2019 où le pays a réalisé son meilleur parcours en terminant à la troisième place. Pedro Soares Gonçalves et ses poulains n’avaient eu aucune difficulté à traverser la phase de groupe où ils ont croisé l’Ouganda, le tenant du titre, la Tanzanie le pays hôte et le Nigéria. Pour les éliminer en demi-finale, le Cameroun avait dû attendre la fatidique épreuve des tirs au but (0-0, 4-3 t a b) après avoir subi presque tout le match. Ils s’étaient consolés avec la médaille de bronze décrochée en battant le Nigéria au match de classement (3-1).  Une autre distinction personnelle est venue couronner la belle participation de l’Angola dans cette compétition : le titre de meilleur buteur décroché par Pedro  Capemba avec 4 réalisations.

Un portugais aux commandes

Pedro Soares Gonçalves, entraineur portugais est sans doute l’homme qui a réussi à façonner cette équipe en peu de temps. Le lusitanien qui a travaillé au Centre de formation du Sporting Lisbonne a accepté l’offre de la fédération angolaise de football en 2018, deux ans après son arrivée dans ce pays où il dirigeait l’académie de Primeiro d’Agosto, l’un des clubs majeurs du championnat d’Angola depuis 2016.

Zito Luvumbo : le phare du groupe

Joueur du Primeiro de Agosto né le 9 mars 2002,  Zito Luvumbo est sans conteste le leader technique du groupe angolais. Après avoir illuminé la CAN de son talent au mois d’avril dernier, il fait une nouvelle fois parler son talent au Brésil, terre de football par excellence. Même si l’ailier angolais n’a pas encore trouvé le chemin des filets en deux sorties, il demeure le principal artisan des succès de sa sélection. « C’est clair que c’est la tête de file de ce groupe. Quand on le voit jouer, on remarque tout de suite qu’il est d’un autre niveau », explique son coach. Gaucher, Zito évolue sur le flanc droit. Doué des qualités techniques hors-norme, il est percutant dans les contre-attaques et excelle aussi dans des un contre un. Sur FIFA.COM, il explique d’où il tire ses qualités. « J’ai appris dans les jeux vidéo », a-t-il confié. « Je m’inspire de plusieurs joueurs, comme Neymar, Ronaldo, Messi et beaucoup d’autres », ajoute la pépite angolaise.

Nigéria : Comme on pouvait s’y attendre

C’est toujours dans le costume de favori que le Nigéria se présente au Mondial des U17. Le pays des Golden Eaglet reste le plus titré du tournoi avec cinq trophées (1985, 1993, 2007, 2013 et 2015) et trois finales perdues  (1987, 2001, 2009).  C’est donc tout logiquement que l’équipe nigériane qui a déjà une longue et belle expérience dans cette compétition a effectué une brillante entrée dans le tournoi avec  deux succès lors de ses deux premières sorties. Après un cinglant 4-2 infligé à la Hongrie en match inaugural, les jeunes nigérians ont offert une autre démonstration face à l’Equateur en s’imposant 3-2 alors qu’ils ont longtemps été menés 1-2. En s’offrant un triplé, Ibrahim Said a endossé le costume de héros de la rencontre. Le Nigéria qui avait déjà été mené par la Hongrie a une fois de plus montré au cours de cette rencontre que le groupe possède d’excellentes qualités mentales mais aussi des joueurs de qualité telles : Ibrahim Said et Samson Tijani qui ont illuminé ces deux premiers matches de leur talent. Ils comptent déjà respectivement trois et deux buts dans la compétition. La défaite face à l’Australie vendredi (1-2) à l’occasion de la 3ème journée se révèle anecdotique, puisque les Golden Eaglet terminent en tête du groupe B avec 6 points (+2) devant l’Equateur qui a le même nombre de points mais avec une moins bonne différence de buts (+1). Le fait d’avoir terminé la dernière CAN à la quatrième place, n’occulte guère son statut de nation la plus redoutable de la compétition. En 2015, le pays occupait déjà la même position avant d’aller remporter le trophée mondial au Chili.

Un sélectionneur expérimenté

Manu Garba, le sélectionneur des Golden Eaglet a l’expérience du plus haut niveau. Il a été rappelé au chevet des U17 nigérian en 2018, après que cette formation ait manqué l’édition 2017 en Inde. Ramener les Golden Eaglet en Coupe du Monde était sa première mission et il a rempli avec brio. Il ne lui reste désormais qu’à offrir un sixième sacre au pays de Muhammadu Buhari comme il l’avait déjà fait en 2013. Il a aussi servi à la tête des U20 Nigérians. Mais sans connaitre une véritable réussite, notamment à la Coupe du Monde Nouvelle-Zélande 2015.

 Dans son staff, on peut noter la présence de Nduka Ugbade, ancien international nigérian (11 capes, 1 but), qui a notamment pris part au “Miracle de Dammam” lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 1989. Mené 4-0 par la Russie en quart de finale, à une demi-heure du terme, le Nigeria était parvenu à égaliser et à se qualifier pour les demi-finales !

Adrian Akande, la Star !

C’est le joueur clé de la sélection nigériane. Né le 22 octobre 2003, il est l’un des plus jeunes du groupe. Joueur de Chelsea, il  fait partie des jeunes Golden Eaglet venu d’Europe. S’il n’a pas encore inscrit de but depuis le début du tournoi, son impact dans le jeu nigérian est incontestable. Le petit nigérian a rejoint Chelsea à l’âge de 12 ans en provenance de Cristal Palace. Avec l’équipe jeune des blues, il a inscrit 30 buts et offert 22 passes décisives en 42 matches la saison dernière. Son style de jeu fait penser au Madrilène Eden Hasard. L’été dernier, il était dans le viseur de plusieurs clubs dans le big four européen, notamment : West Ham, Liverpool, Tottenham ou Hoffenheim…

Sénégal : Un repêché dangereux !

Difficile de savoir que le Sénégal arrive dans la Coupe du Monde U17 Brésil 2019 comme un repêché. Les Lionceaux de la Téranga ont déjà remporté leurs deux premiers matches, synonyme de qualification pour le second tour. Après avoir battu les Etats-Unis dimanche lors de leur première sortie (4-1), ils ont ensuite puni les Pays-Bas (3-1) mercredi soir et solidifié leur statut de leader.

Le pays de Macky Sall ne doit pourtant sa toute première participation à cette compétition qu’à la disqualification de la Guinée pour fraude sur l’âge de plusieurs de ses joueurs. Les Lionceaux de la Téranga n’ont pas pu décrocher leur qualification sur le terrain. Ils n’ont terminé qu’à la troisième place dans la poule B lors de la CAN Tanzanie 2019, derrière le Cameroun et la Guinée.

Les poulains de Malick DAF prouvent aux yeux du monde que cette performance moyenne lors de leur deuxième CAN de la catégorie n’était aucunement due à un manque de talents.

Malick Daf : des U20 aux U17

Malick Daf est le sélectionneur derrière lequel se cache le jeu séduisant des Lionceaux de la Téranga. Assistant de Joseph Koto lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015, il participe à sa deuxième Coupe du Monde, cette fois en coach principal. Il entraine les U17 sénégalais en même temps qu’il coache le Jaraaf de Dakar, club avec lequel il a remporté le championnat sénégalais 2017/2018. Il entre dans l’histoire comme le premier technicien à qualifier le Sénégal pour un Mondial U17.

Pape Matar Sarr, le facteur X

Avec un but contre les Etats-Unis et un doublé contre les Pays-Bas, Pape Matar Sarr apparait comme le facteur X des Lionceaux de la Téranga en ce début de compétition. Sacré champion du Sénégal 2018/2019 avec Génération Foot, il représente un véritable espoir pour le football sénégalais. Né le 14 septembre 2002, il est le fils d’un ancien international sénégalais, l’ex gardien de but S. Sarr, sélectionneur de l’équipe nationale féminine du Sénégal. Le coup franc somptueux inscrit face aux Etats-Unis a vite fait de lui, l’une des révélations de cette Coupe du Monde. Il est déjà dans le viseur de plusieurs clubs prestigieux.